Des liens commençaient à se créer au sein du groupe. J'étais comme toujours souvent avec Max et Nono, mais on avait bien sympathisé avec Claude et Rémy. Rapidement on les avait nommés : les warriors. Il n'avait jamais fait de montagne, ni d'escalade mais étaient très doué. On rigolait en pagaille. Pour moi, et sûrement pour beaucoup d'autre, ils étaient super pour leur simplicité. « Il en faut peu pour être heureux... » tout le monde connaît cette chanson, et bien c'était exactement ça. D'ailleurs pour prouver ce que je vous dis, laissez moi vous raconter la suite des sommets de ce séjour.
Nous n'avions pas pris bien de temps pour se reposer après ce premier sommet à plus de 4000 mètres. On était tous repartis, encore plus nombreux. Le jour venu, je n'allais pas bien. Une douleur au dos qui m'était venu violemment. Je n'arrivais quasiment pas à marcher et encore moins à porter un sac. Heureusement pour aller au refuge, nous n'avions peu de marche grâce aux remontés mécaniques. J'avais donc pu rester toute la journée allonger. Quant à nos Warriors, eux, n'ayant pas voulu craqué leur porte monnaie pour des conneries mécaniques avaient préféré marcher. Marcher pendant, des heures, sur plus de 2000 mètres de dénivelé, sous un soleil intenable. Je me rappels les voir à travers la vitre du télécabine. Rémy avait pris une bonne avance sur Claude. Ils avaient tous les deux, deux vieux tee-shirts sur la tête pour le soleil. Par contre ils étaient presque à poils. Ils avaient des énormes sacs, sûrement 25 ou 30 kg.
Claud commença à courir et cria :
_ Rémyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !!!! Attends-moi !
_ Chaud ! Chaud ! Il fait chaud ! Chaud ! Chaud ! Trop chaud ! Répondit l'autre guerrier.
_ Rémyyyyyyyyyyyyyyy !
_ Clauuuuuuuuude ! Dépêche-toi ! On va nous attendre si non ! Chaud ! Chaud !
Puis ils reprirent leurs courses encore plus rapidement.
Je ne vous raconte même pas la fureur et l'angoisse qui était en moi au refuge. Tout le monde était parti en école de glace et moi j'étais bloqué sur mon matelas. Le lendemain je savais que je devais effectuer un nouveau 4000, mais dans cet état je ne pouvais rien faire. Il n'y avait pas besoin qu'on me fasse un dessin pour comprendre d'où venait cette douleur. J'en étais conscients que ce n'était qu'une séquelle du mont blanc. En effet en redescendant de cette aventure, à ski, sur les séracs de violente secousses étaient venues. Elles m'avaient massacré une bonne partie du dos, j'avais du attendre deux semaines avant de m'en remettre. Une boule s'était formée dans mon ventre à cette idée : Et s'il fallait attendre deux semaines ?
Ils étaient enfin revenus ! J'avais vite compris que ma mère avait parlé de ma douleur à Philippe. Ce dernier était le président du CAF, un homme qui avait la cinquantaine, je l'appréciais déjà bien. Il était un homme complètement cohérent, logique et simple. J'avais aussi deviné en lui, une grande connaissance, dans beaucoup de domaines. Je crois qu'il avait été impressionné par mon âge et mes réussites en montagne, j'en étais gênés.
Il s'approcha vers moi et me dit :
_ J'ai appris que tu étais bloqué. Sa nous arrive souvent ma femme et moi, et je connais un moyen peut-être pour résoudre ce petit « hic ».
J'étais favorable à sa proposition, et il commença à me broyer le dos. Etrange sensation, cette douleur qu'il me créait me fit que du bien. Au bout de dix minutes il arrêta, et me conseilla de ne pas trop sauter dans tous les sens. Je lui fit vite comprendre que je n'en avais pas du tout l'intention. J'avais juste rejoint les gars posaient sur une chaise à l'extérieur du refuge.
_ Alors, comment tu vas Yannou ? Me demanda Max.
_ Bin écoute, je ne sais pas trop, Philippe viens de me tordre le dos dans tous les sens. J'espère que sa ira pour demain...
_ J'espère aussi pour toi. Répondit mon frangin.
_ Des nouvelles de Claudus et du Rem ? Demandais-je.
_ Je crois qu'ils vont passer la nuit au refuge en bas. Dit-Max dans une bouffée de fumé.
_ Ils nous rejoignent quand même pour demain ?
_ Ouais ... de toute façon ils sont obligés.
Je commençais à rigoler à la penser qui me traversa.
_ Tu crois qu'ils vont vraiment oser ?
_ Avec eux, on peut vraiment tous s'attendre. Commenta Noé.
_ J'ai adoré leurs réactions, quant à l'Allalinhorn, on leur avait dit qu'il fallait se mettre nuit la première foi sur un 4000.
_ Oh ! Il ne fessait pas beau ! On a été sympa, mais demain... .
A cette pensée, on rigola tous.
Il fessait toujours nuit mais tout le monde s'activa. Il était vers quatre du matin. Comme à mon habitude je me dirigea vers la salle de restauration à la façon « zombi ». Quelqu'un s'activa un peu dans tous les sens me gênant dans mon rythme matinal de réveil.
_ Vous avez des nouvelles de Rémy et Claude ?!
_ Il devrait être là... je ne comprends pas.
Beaucoup des cafistes parlaient, moi je ne comprenais toujours rien. Je finissais de me préparer et bientôt leur était venu de partir, pourtant nous avions encore aucune nouvelles des warriors, jusqu'au moment où... Je vis pointer au dehors par la vitre un visage qui me paru familier.
_ Hey ! Yann, Yann ! Tu ... tu crois qu'on peut rentrer avec le Rem ?
C'était claude. Il avait d'immense cernes, son visage n'était pas très coloré.
_ Euh... Bin oui... je ne vois pas vraiment pourquoi vous n'auriez pas le droit. Je n'étais pas vraiment réveillé moi aussi.
_ Mais si non tu es sur que ça va ? Reprenais-je en les accompagnant à l'intérieur.
_ Oèp ! On n'a pas beaucoup dormi avec le Remy à cause des ces foutu ronfleurs, mais bon sa forge de faire de l'alpinisme sans dormir non ?
_ Mmmm... je ne suis pas vraiment sûr.
A ce moment là je ne rêvais que de me rouler sous une couette chaude.
_ Puis bon, je t'avoue que dans la nuit ce matin, on s'est un peu perdu. Mais bon pas un mot à ton père, il nous avait trop avertis.
_ Pas un mot ne t'inquiet pas pour ça ...
Quelque temps plus tard on était tous dehors. La nuit commençait déjà à s'échapper. Les pas d'une vingtaine de cafistes fracassaient le sol cahoteux.
Puis on rejoignait la langue glacière, on pouvait d'ici voir la quasi-totalité de la voie d'alpinisme. Il fallait tout d'abord traversé le plateau glacier jusqu'au versant droit, puis prendre une pente un peu plus raide qui nous déposerait vers 3800 mètres et continuer l'arrêt de neige pendant 200mètres. Le Weissmise culminait donc à 4027.
L'aire glaciale du glacier au petit matin finit de me réveiller. Les crampons brisaient la glace sous nos pieds. Je fessais cordé avec ma mère et Gilbert comme meneur. J'avais plutôt confiance en lui, étant donné qu'il avait réussi le Kilimandjaro et qu'il avait un sens d'esprit logique. On arriva sans difficulté au milieu de la traversé quand j'eux un petit problème.
J'avais senti comme une petite fraîcheur en bas du dos. Ce n'était pas ma douleur de la veille mais la vérité me vient rapidement. Sûrement une des conneries les plus basiques, celle de voir entièrement son dos et son sac trempé pars la poche à eau entre ouverte. Mes habits étaient mouillés sur plusieurs épaisseurs, avec le froid qu'il fessait ce n'était pas le confort. En plus de cela, j'avais vidé la totalité de ma réserve d'eau.
J'avais un peu les nerfs à cran contre moi-même, notre cordée avait perdu pas mal de temps à cause de cette erreur.
Tous les autres cordées avaient pris de l'avance. On était loin d'être seul, ce sommet était très convoité, des dizaines d'autres cordées étaient sur le même fil que nous. Des paroles s'élevèrent, elle venait vers la direction où nous nous rendions. Après un peu plus de concentration je reconnus que s'étaient des chants... des chants paillards. Il ne me fallait pas un dessin pour comprendre que ça venait du groupe de mecs à l'avant. Maxime avait sans doute lancé l'ambiance, Claude avait suivit avec des chansons de dessin animé. Sur le moment j'avais été surpris, voir des cordées inconnues rire, puis quelque temps suivre la musique. J'avais répondu à leurs paroles mélodieuses, c'était vraiment un moment génial : Voir des dizaines de personnes chantonnées, peu importe d'où elle venait, dans un spectaculaire palais de glace.
Les mètres, et les mètres passèrent sous nos pieds. On arriva à la pente plus raide en traversé. C'était venu plus dur d'un seul coup mais notre cordée avait un bon rythme et une bonne gestion de l'effort. Toutes aller pour le mieux jusqu'au moment où tout devenu glaciale.
Un déchirement m'avait givré entièrement en une dixième seconde. Tous ce passa très rapidement, mon premier réflexe fut un regard vif au dessus de ma tête : Rien. Mes jambes s'étaient complètement stoppé, comme paralysé. Ma tête dévia très rapidement, je jeta un coup sous mes pieds : Toujours rien.
Un nouveau déchirement se fut retenti, celui j'eux l'impression qu'il déchira mon c½ur. Je me retourna entièrement face à la langue glacière qui tapait une immense falaise de glace. C'était à ce moment là, où je vis une des visions de ma vie les plus surprenante : Un gigantesque fissure se frayait un chemin à une vitesse extrême entre la glace et le rocher.
_ Nom de ...
J'avais rapidement avalé ma langue à cette chute de sérac. L'équivalent d'un immeuble de glace s'écrasa sur le sol, craillant une explosion effrayante. Des blocs de la taille d'une pièce de maison furent projetés à une dizaine de mètres de hauteur.
Des cries de chaque nationalité s'élevèrent, j'en reconnu quelqu'une :
_ Séracs !
_ Ice !
_ Glace !
_ Barrez-vous !
J'entendis même un peu plus bas :
_ Courez !
Mon regard se dirigea en avale, sur le chemin qu'on avait emprunté plutôt. Deux ou trois cordées couraient, trébuchant entre les crevasses.
_ Putain y'a des cordées qui sont sur le chemin de la chute de sérac ! S'écria ma mère. J'entendis dans sa voix une terreur que je n'avais encore jusqu'ici jamais entendu. Toute allait très vite.
Mon regarde dévia de nouveau et alla se poser sur le chute de neige et de glace. Le panache de neige glaciale montait à 10 mètres de haut environ, les gros blocs de glace s'étaient explosés et laissait place à des plus petit projeté à une centaine de kilomètres/ heures.
Les chutes de sérac sont encore complètement imprévisible, celle-ci était la plus importante que je vis d'aussi près. J'en avais déjà vu auparavant, deux fois plus petite mais à des kilomètres de distances, là j'étais à 500 mètres. J'avais appris que ces choses était la peur de toute alpiniste, la mort était obligatoire pris dans cette chose. Ce n'était pas du tout comme une avalanche, pris dans ce monstre de glace, le corps de l'alpiniste serrait découper, exploser en mile morceau. Comme je disais souvent, au moins avec ceci on ne souffrait pas comme dans une crevasse. Sûr le coup je ne riais pas du tout voyant cette mort animée. Mon c½ur se serrait voyant la distance qui rapetissé rapidement entre les alpinistes en fuite et les glaçons mortels. J'étais impuissant de ma place, je n'avais rien crié, cela ne servait plus à rien. Pourtant j'en avais envie, juste pour évacuer la pression qui montait en moi.
Mes yeux cherchaient du regard à grande vitesse un miracle. Je le trouvais, il était faible, j'avais du mal à m'en assurer. Le plateau glacier former un replat, vu que la vitesse pris pars la glace avait ralenti, il y avait juste espoir que ce plat arrête au complet le sérac.
Comme prévu, il ralentissait sa course, s'était sur la bonne voie, les alpinistes continuaient à courir. Les derniers blocs s'écrasèrent sur le sol, aucun mort, aucun blessé, je respire.
Mon c½ur s'était emballé pendant ces quelques minutes, je me concentra et retrouva l'intégrale de mon sang froid. Je vis ma mère se retournait vers moi et me lança :
_ Euh... Aller on ne reste plus ici, il vaut mieux pas reste là, ok ?
_ Ou-ouais... répondit Gilbert.
Dans sa voie j'avais senti encore de la peur, il avait été plutôt secoué comme tous sur cette montagne ce jour là. Quand il reprit sa marche je vis facilement que ses jambes étaient fébriles, on avait tous perdu notre confiance.
Tout en marchant, Gilbert nous expliqua :
_ C'est... c'est la première foi... que je vois... une telle chute de sérac... J'en avais déjà vu ... mais de loin... et moins grosse... c'est... rare d'en voir des autant énormes... et aussi prêt.
On avait finalement rejoint les autres. Il nous avait attendu ce phénomène. On reprit tous nos esprits, Gilbert allait bien mieux après quelques minutes. Moi aussi, même si ça allait j'en profita pour reprendre mon calme. AU loin, sur un autre massif je vis une montagne, belle et majestueuse. Je ne savais plus son nom, mais je savais bien que là bas, reposait le corps de Patrick Berault. Patrick était, il y a quelques années, le meilleur alpiniste de tous les temps aux yeux de presque tout le monde. Il avait un calme et un esprit époustouflant. Il était très doué moralement et physiquement. Il avait créé son propre style alpin, nommé « à la Berault » que beaucoup de grimpeurs essaya de reprendre. Pour moi personne ne pouvait y arriver. Il était mort, là, en face de mes yeux, son objectif était de réaliser 82 sommets à plus de 4000 mètres dans les alpes, sans moyen de transport, avec un ami, pendant un peu plus de trois mois si mes souvenirs sont bons. Le parie fou d'un homme, un défie inimaginable, qui lui coûta la mort, sur une erreur bête. C'était une voie F ou PD, il avait glissé sur un pierre, et avait sombré dans le vide sous les yeux de son meilleur ami. Comme quoi, en montagne peu importe notre niveau, peu importe la difficulté de la voie, tous pouvaient arriver, c'était un milieu très aléatoire. Je n'oublierais pourtant jamais sur qu'elle moralité de Patrick, celle que grimper pour lui, était une ½uvre d'art, la trace qu'il fessait en était une pour tous alpinistes ou grimpeurs.
On avait repris notre marche vers le sommet, plus rien s'opposa à notre réussite. On avait été 28 cafistes de Montélimar à conquérir le Weissmise à 4027 mètres ce jour là. Claude et Rémy étaient arrivés au sommet en hurlant leur joie.
_ C'est pas beau ça ? Cria Claude en ouvrant ses bras au sommet en face.
_ Ah ! La nature, ça c'est vraiment grandiose ! C'est Gé-ni-ale !!!!!
Il voulut à un moment se déshabiller, mais après mure réflexion sur la température extérieure il abandonna. Personne ne lui en voulu, cela se comprenait facilement !
Pendant notre longue descente, les deux warriors s'amusèrent comme entraînement à se jeter ans la pente et s'arrêter avec le piolet.
On avait un peu plus tard, croisait le sérac, il s'était arrêté juste devant la trace. Voici l'histoire du second 4000mètres du séjour et mon septième de ma vie. Le plus amusant, c'est que ce jour là, c'était un vendredi 13 et le treizième 4000mètres de mon frère.