Je me rappel que mon père essayait avec le téléphone d'appeler ma mère, lui annoncer la nouvelle. Le téléphone ne passait pas, j'en fut presque heureux, je n'avais pas vraiment envie de téléphoner, je n'avais envie que d'une chose : Fuir, fuir pour sauver ma peau, fuir vers le bas. Le combat n'était pas terminer, j'avais finalement fait que la moitié ! Il me restait quand même les skis en bas qui m'aideraient, mais rien n'était fini, même si j'étais quasiment mort, il ne fallait rien relâcher. Je n'avais peut-être plus la force de vivre ou même de me battre, mais j'avais encore la force d'aimer !
Je n'avais pas de temps à perdre, j'étais dans un état épouvantable, rester à cette altitude signifiée me détruire. Je descendis temps bien que mal, mais avec quand même une plus grande vitesse. Il était tout de même plus facile de descendre que de monter, heureusement puisqu'il me restait 1800 mètres de dénivelés. Je commençais à sentir les effets de l'altitude s'atténuer, je concentra cette nouvelle force pour descendre plus vite. J'avais même pu boire un peu et manger quelques miettes. Je commençais à retrouver de la force, il ne fallait cependant pas baisser les bras. Depuis une heure du matin, jusqu'à 13 heures environ je m'étais battu en marchant. A présent je chaussais les skis à 4400 mètres d'altitude. Je respirais profondément avant chaque virage, cela demandait une grande concentration et de bonne cuisse. Après tout ce temps d'effort j'eux du mal à skier, mais c'était mieux que de marcher. Skier sur les pentes du mont blanc avait été mon rêve, maintenant c'était une fuite. Je m'arrêtais souvent pour reprendre mon souffle, c'était normal, mais à chaque foi je sentais la douleur de mon c½ur qui me fit signe de redescendre rapidement. J'arrivais à 4000 mètres d'altitude bientôt et mon père commença à s'alarmer.
_ Je n'avais pas vu que c'était aussi énorme ... !
Je regardais vers al gauche et vis des énormes séracs en équilibres, ils étaient terrifiants, ce n'était vraiment pas un coin à rester.
_ Bon Yann, je crois que tu as compris... On va devoir foncer, il ne faut pas rester ici longtemps, on a fait une connerie cette nuit de passer par-là, c'était trop risqué.
J'affirma d'un signe de tête. Puis, quand mon père se lança droit dans la pente ce fut à mon tour. Mes jambes me chauffaient rapidement, je n'avais vraiment plus beaucoup de force. Le vent sifflait dans mes oreilles, je pris rapidement de la vitesse. Mon c½ur me serrait affreusement, j'avais peur. Mes skis commencèrent à trembler. « Merde ! Qu'est ce qu'il ce passe ? » Il y avait des boules de glace, des centaines, des milliers même, je ne les avais pas vus ce matin. Je n'arrivais plus à freiner, j'étais en effet sur un sérac. J'avais skié le matin sur de la neige qui avait fondu, j'étais comme pris au piège. J'essayais encore de me battre, trouver le bon équilibre à près de soixante-dix kilomètres heures sur un glacier. Je commençais à transpirer de peur et de fatigue. Je vis une colline de neige où mon père était arrêter, il avait trouvé un endroit avec de la neige. Trouvant le bon équilibre je changeais l'orientation de mes skis et partis vers mon père. Je m'étais facilement arrêté à côté de mon paternel.
_ Bon ok, on est toujours en danger mais moins. La descente va être plus simple maintenant sauf pour tout de suite.
_ Comment ça ?
_ Tu te rappelle l'énorme pont de neige qu'on a passé ce matin ?
_ Oui c'est vrai, j'avais quelque peu serré les fesses.
_ C'est le seul chemin pour aller vers le refuge. La voie est régulièrement fermée après ce moi-ci.
_ réchauffement = fonte des neiges = plus de pont
_ Exactement
_ Donc avec la chaleur qui fait il se peut que sous notre poids ...
_ Rien n'est sûr mais je préfère t'avertir. Essaye de te faire léger.
Il avait accroché la corde autour de moi, le mieux était de foncer à ski, avec la vitesse j'avais moins de contact avec la neige. Je fessais 84 kg avec mon matos, je commençais déjà à me serrer les fesses. Je pris une dernière respiration et me lança... le pont tenait !
_ OK à toi !
En même temps qu'il descendait, je descendais à son rythme pour tirer la corde. J'étais très attentif, au moindre petit problème je me jetais vers le bas. Il passait tranquillement, et on repris la course vers le refuge, la route était encore assez longue. Je n'arrivais plus trop à enchaîner les virages. Jusqu'à ce que je vis le refuge. On pris un temps pour souffler.
_ Qu'est ce qu'on fait ?
_ Je pense vu l'heure, ton état, et la neige qu'on va rester dormir ici.
_ Je le pensais aussi.
_ Maman a essayé de téléphoner, je n'ai pas eu le temps de répondre. On va au refuge et on la rappelle. Ok ?
_ Ok...
Je descendis encore jusqu'au pied du rocher, où on dut remettre les skis sur le dos et grimper. Je n'en pouvais plus, pris de vertige je tomba sur le même banc que le jour précédent. Mon père était parti chercher un peu du réseau. J'enleva mas chaussure et le bonheur commença à m'envahir. Les pieds à l'aire, la douleur était un peu moins forte, la hanche qui s'était déboîté comme à son habitude là haut ne me fit plus assis. Je regardais sans bien voir les quelques pierres qui fessaient le mur du refuge. Un homme, un vieille homme s'avança vers moi.
_ Tu es sûr que ça va ?
_ Oui... je crois.
_ Qu'es que tu as fait ?
_ Le mont blanc ... ouais le mont blanc !
_ Joli pour un gamin !
Il s'en alla dans le refuge après ces mots. Je commençais à sourire, même à rire. J'avais réussi... j'avais réussi ! J'avais conquis le mont blanc et j'étais en vie ! Mon père parlait au téléphone à côté.
_ Ouais ouais ! Super ! Oui ! Ca va ! Non ! Il est à côté ... oui je t'assure qu'il va bien ! S'il alaire content ? Je crois ... il est juste un peu pensif là. Quoi Noé veut absolument lui parler ? Ouais attends ! Yann, Nono veut te parler.
_ Ouèp mon gros Nono ?
_ WoW ! C'est génial Yannou ! Tu y es arrivé ! Sabine et Max n'ont pas arrêté de pensé à toi, d'ailleurs moi aussi. Pars contre je t'avoue que Maman a eu une jolie peur quand elle vu que vous n'appeliez pas.
Je ne lui disais que des oui ou des non, je ne sais même pas si je l'écoutais vraiment, mais je lui ai dit que ça :
_ Aie Maman ... donc le plus dangereux reste à venir ?
_ Exactement mon meilleur frangin !
Le soir était venu, j'avais pu recommencer à manger. La nuit avait été difficile entre l'énorme fatigue et les bruits assourdissant des séracs qui tombaient. AU matin assez tard à huit heures on était parti. J'avais un peu récupéré et j'avais plus de facilité à skier. Il fallut encore une bonne journée de grand sport pour redescendre et je fut surpris de voir à Chamonix un panneau de pharmacie indiquant : 20°.
Il fallut encore une autre demi-journée pour revenir à la maison et l'histoire du mont blanc aurait pu être tournée rapidement, mais ce ne fut pas le cas.


