Il était maintenant cinq heures du matin, mon père me réveilla. Je sortis rapidement de mes rêves et m'habilla. Je sentais un peu de pression monter en moi. On pris à 6 heures environ la première montée téléférique. Le ticket indiquait : Adulte – samedi 21 avril 2007 - plant de l'aiguille. Je le glissa dans ma poche. On s'éleva rapidement tandis que mon père et moi discutions.
_ Pas trop le trac ?
_ Un peu quand même, surtout depuis la réponse de Millet.
_ Ne te prend pas trop la tête avec ça, réussi le mont blanc pour toi.
On arriva quelques minutes plus tard en haut. On était à 3100 mètres d'altitude, je pouvais à peine voir le sommet d'ici. On traversa, en montant 400 mètres de dénivelé, à ski c'était plutôt exposé, la pente étant raide et gelée. Le sac était assez lourd, j'avais 24 kilogrammes de matériel. J'arrivais maintenant sur le glacier des bosson, certainement le plus dangereux du massif du mont blanc. Je savais que beaucoup de monde était mort ici, je fessais très attention. La liaison était très accidentée pars les crevasses et les séracs. On avait du sauter plusieurs fois, cela me déplaisait avec le poids sur mon dos. J'étais finalement arrivé à me sortir de là, je remis peu de temps après mes skis, puis monta au refuge des grands mulets. Après 500 mètres de dénivelé, on arriva au pied du refuge. Une surprise inattendue nous attendait ici, une traversée en rocher, d'environ 50 mètres de dénivelé étant obligatoire pour accéder au refuge. On mis les skis, et les bâtons sur le sac, et c'était parti. Très facile, mais pourtant, la chute était mortelle et interdite.
Je posa mes fesses sur un banc en bois là haut, et découvrais ce splendide refuge. Il était assez haut placé sur un piton rocheux, on pouvait voir jusqu'au sommet toute la ligne de course du lendemain. Cette face de montagne était impressionnante, majestueuse entre les séracs énormes et les faces glacées. Je visitais rapidement le tour du proprio, découvrit les quelques rares personnes. C'était une femme bien jolie qui tenait le refuge. Elle était perchée sur une vieille barricade en fer, bouquinant à 200 mètres de haut au-dessus du glacier. L'endroit était minions, même un peu intime sauf un endroit que je reconnus rapidement part l'odeur. Les toilettes alpines, une légende ! J'ouvris la vieille porte, une odeur me repoussa rapidement. Je commençais pourtant à avoir l'habitude depuis le temps, je m'approcha du troue.
_ Mmmmm... c'est comment dire...
Il y avait 200 mètres de paroi qui me séparaient, moi et le glacier verticalement. Le rocher avec pris une teinte orange après une masse importante de fiente déversée. Il y avait comme d'habitude des dizaines de corbeaux tournant autour.
Peu de temps après j'avais rejoint mon père discutant à la gardienne.
_ Les conditions ? Euh... je sais que pars la voie normale, pas mal de monde passe et arrive jusqu'au bout.
_ J'hésite à passé avec mon fils pars le bas, pour couper, gagner un peu du temps. Commenta mon père.
_ Je te le déconseille, les séracs sont trop dangereux dans cette zone.
_ Oui c'est vrai ... j'ai les souvenirs d'y à 20 ans.
_ Le glacier à beaucoup bougeait depuis, la voie habituelle a changé.
_ Ok merci, j'y réfléchirais. Si non pour la nivologie c'est bon ?
_ Il n'y a pas vraiment de problème à signaler. Si pars contre vous passez pars là...
Elle tendis le doigt en direction sous les séracs.
_... le glacier est ouvert, mais dans la semaine un groupe est arrivé à passer. Malheureusement, un autre gars est tombé dans une crevasse. On est allé le secourir, mais il a eu une hypothermie sévère. Un miraculé une foi de plus !
La femme était allée peu de temps après s'occupé du souper. Un homme qui avait entendu la conversation vint vers nous.
_ J'ai entendu votre intention, je pense aussi faire pareil. Mon pote et moi on préfère ne pas rester seul demain, on pourrait vous suivre ?
_ Oui pourquoi pas ... Si vous êtes auto homme, il n'y a pas de problème.
Répondis mon père.
Je passais la fin de la journée à l'abris sur mon lit. J'essayais temps bien que mal de me reposer. Je ne savais pas si c'était l'altitude ou le stresse qui m'empêchait de dormir mais je n'arrêtais pas de penser. Il y avait une partie de moi qui avais peur de ce qui allé ce passer, et une autre qui avait peur que je n'y arrive pas. J'avais mémorisé toute la montée, m'imaginant sans relâche la trace, les points dangereux. Chaque point que j'avais étudié sur la carte, je savais à telle altitude, qu'il fallait que je boive, à celle ci que je mange. J'avais conçu un plan d'attaque béton, et de toute façon il était impossible que j'abandonne, puisque j'étais Alpineyannou. « C'est vrai ça, ce n'est pas le mont blanc qui va m'arrêter ! ». Puis, je repensais à toutes les personnes qui m'avaient encouragé, ceux qui m'avaient dit qui penseraient à moi. Je chercha un moment dans ma poche, il y avait toujours mon ticket de téléférique pour redescendre, puis dans un bout de papier tout froissé était inscrit un numéro. Je ne le voyais pas vraiment pensant à une chose qui ne se résumait pas à une simple série de chiffre.
Le soir nous avions mangé ensemble, les deux mecs qui s'étaient joint à nous, mon père et moi. On avait pris le temps de discuter, de se connaître. Je mangeais mais ne parlai pas vraiment, j'étais trop absorbé pars mes pensées.
J'avais très peu dormi cette nuit là, le matin 22 avril, je ne m'étais pas vraiment rendu compte de ce qui allait m'arriver. Encore allongé, fatigué sur mon lit, je rangeais mes affaires. Au bout de cinq minutes, j'étais quasiment près. Je me leva pour aller dans la salle à manger. Je tomba raide ! « Ma jambe ! Elle s'est contractée toute seule ! C'est quoi ce merdier ? Impossible !». Je n'arrivais pas à me lever. Je tracta un bon coup avec mes bras, et arriva dans un ultime effort à me lever. Je sentis comme une sueur descendre dans mon dos : je n'étais pas encore arrivé en haut du mont blanc à cette allure ! J'arrivais péniblement au près de mon père dans la salle principale, je m'assis et lui expliqua la situation.
_ Il faut que dans dix minutes ça aile mieux. Me répondit-il.
J'étais pris de panique, affolé je massais ma jambes avec violence, presque à la frapper. Mon regard était fixé sur la jambe, j'étais grandement concentré, essayant de trouvé comme un bouton marche-arrêt. Je sentis bizarrement, miraculeusement que sa aller mieux. Je n'avais pas pu manger mais cela ne m'occuper pas. « Bon OK Yann, tu pars aux chiottes et tu reviens, si tu y arrive : Tu pars ! » Pensais-je.
Je marchais lentement, avec crainte, mais il me semblait que ma jambe m'obéissait.
J'étais revenu à l'intérieur, où je vis une scène assez amusant.
_ Hey ! Les mecs venaient voir !
C'était un des types qui voulait venir avec nous. Il regardait pars la fenêtre. Il avait une tête de fou, j'avais comme l'impression que l'altitude ne lui avait pas faite de cadeau. Je me penchais vers la fenêtre et vis des centaines de lumières venant de chamonix.
_ Il y a plein de mecs qui viennent. Oh ! Vous avez vu tout ce monde !
On lui avait conseillé d'aller se recoucher peu de temps après. Son compagnon, plus en forme nous suivit.
Je pris mon sac lourd, mis mes gants et me prépara à partir. La poignée de la porte était devant moi.
« C'est l'heure. L'heure que j'attendais depuis 4 ans maintenant. Aujourd'hui, je vais me battre, je vais me battre comme jamais auparavant. Je vais réussire ce sommet. Je vais le réussire pour moi, mais aussi pour ma grand-mère, pour mes amis, pour ma famille, pour toutes les personnes qui pense à moi. Aujourd'hui c'est l'heure d'être plus qu'un gamin, c'est l'heure d'être un gamin conquérant du toit d'Europe ! » Je pris la poignée fermement et ouvris la porte de mon destin.


