J'avais une très bonne cadence, je traversais un immense plateau glacier au levé du soleil. La boule de feu d'orée qui commençait à se lever devant mon visage était magnifique. C'est comme si elle me montrait le chemin du Sommet. Tout en étant ébloui part la beauté du paysage, je pensais, comme toujours. Cette foi ci, je pensais au changement qui était venu à moi. Depuis, enfin je ne savais pas exactement quand, mais depuis quelques mois une chose changea en moi. Je n'avais plus le même regard sur ma passion, mes amis, moi-même, sur tout en-faite. Depuis quelque temps, je passais mes soirées sur msn, parlant de tout et de rien. Je parlais à des dizaines de personnes qui était tous très différentes, je commençais à les connaître. Je découvrais la chose qui me fit le plus plaisir, c'était de voir ces personnes sourire ou rire. Pour cela, j'essayais temps bien que mal à leur donner. Ma plus grande joie était en effet, de les aider, et cela je ne l'avais jamais ressenti au paravent. Je me cachais derrière un masque d'un type con, et obsédé. Mais à travers mes yeux, j'analysais chaque comportement, essayant le comprendre le pourquoi du comment. J'apprenais les différentes psychologies de chacun ou chacune. J'étais sur la bonne voie, je me posais les bonnes questions, mais ne trouvais pas toutes les réponses encore...
Je sortis de mes pensées en voyant que j'avais plutôt bien avancé. J'étais maintenant sous le col, mettant mes crampons pour les derniers mètres un peu plus techniques. « Et voilà, un sommet de plus ou devrais-je dire un sommet de moins ? ».
Je rejoins mes skis, descend jusqu'à un refuge. Normalement, on devait s'arrêter là, mais vu ma forme, on partis pour gagner un jour d'avance sur Chamonix-Zermatt. Tac-tac, les peaux étaient déjà remises, je monte encore un nouveau col, et je vois la suite.
La vallée était immense, peut-être dix kilomètres à vol d'oiseau de longueur, il fallait pourtant rejoindre à tout prix ce refuge. On choisissait avec mon père de traverser le plus haut possible sans les peaux. Il fallait sûrement pousser, mais on gagnerait en force. Le but était de faire le plus de distance, pour m'être les peaux le plus loin possible. La course était partie, je suivais mon père. Le soleil m'épuisait, la chaleur était grande. On dut skier sur de la roche et de l'herbe pour continuer à garder un maximum de hauteurs. L'exercice est plus dur qu'on le croit, surtout que la journée commençait à être longue. Il était 14 heures si je me souviens bien, la journée avait commencé à 5 heures. Sachant que chaque matin en montagne je ne peux manger, j'avais peut-être manger une barre quand même !
Juste avant de remettre enfin les peaux, on mange un peu, cela me redonne un peu du jus. Puis, c'était reparti pour une nouvelle montée, je n'avais plus la force que j'avais quelques heures avant. Je commençais à languire du refuge, de la soupe que j'imaginais, juste d'un banc en bois où je pouvais poser mes foutues fesses. Je continuais pourtant à m'élever. Le ciel qui avait été grand beau jusqu'à maintenant ce gâta. Les nuages m'entourèrent, le vent augmenta de puissance, tout c'était si rapidement changé. Un pas de trop et clac !
Ma hanche me fit une douleur énorme, j'étais bloqué... En pleine tempête ? Il fallait que je me sorte rapidement de là. Je frappa avec violence ma hanche, rien à faire... Je continua extrêmement lentement avec cette douleur, je bloquais dès fois, il fallait que je m'arrête souvent. Ma mère m'encourageait, il ne restait que 100 mètres de dénivelé. Je n'ai jamais abandonné par mon plein grès, et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait arriver. J'étais arrivé péniblement au refuge. J'étais plutôt mort pars cette journée, il était maintenant 16h ou 17h, j'avais fait 1800 mètres de dénivelé !
Le soir je n'avais pas eu de peine à m'endormir.


