On était au final de famille, passionné de montagne. Je me souviens encore quand nous dévalions des pentes à ski hors piste, des couloirs impressionnants. Raf était comme toujours le meilleur, et m'inspira toujours, d'ailleurs j'avais toujours voulu le surpasser. Comme un défi permanent... « là où il posera ses mains j'aurais pausé mes pieds.» Ce fut la mentalité que j'ai eue pendant toutes ces années a son sujet.
Dans mon petit coin de souvenir, ces pensées me font monter les larmes aux yeux. Non, non-Yann ! Non ne pleure pas maintenant, tu t'es juré de ne plus pleuré. Même jusqu'au bout, jusqu'au dernier souffle. Pourtant, ça vient peut-être de ça, cette envie de le surpasser. J'ai voulu trop en faire. Aurais-je pu changer quelque chose dans tout cela ? Je ne sais plus... je n'ai jamais su...
Nous nous retrouvions une nouvelle foi à Arêches donc. Tous plutôt déçu du manque de neige, avions randonné tout simplement. C'est à ce moment, qu'avec Nono et Raf on se prend un petit délire de prendre une très bonne vitesse de montée. Tout d'un coup, on avait moins rigolé. Le c½ur battait comme un fou, puisque qu'on montait à 1200 mètres/ heure. Au bout d'un petit moment, Noé décrocha. Je sentis Raf tenir bon, alors j'accéléra.
La pente s'était raidi, il fallait de plus en plus taper les pieds dans la neige. Je sentis cette sensation extraordinaire des poumons en flamme, et pour la première foi de ma vie je vis Raf essoufflé. Au final, on s'arrêta, épuisait, on n'arrivait plus rien à dire. Jusqu'au moment où :
_ Oh ! On a plutôt tracé... les vieux sont encore loin. Lança Raf dans un souffle.
_ J'en connais un qui va râler encore ... pensais-je à mon père qui n'aimait pas nous voir nous éloignés en montagne.
_ Ta vraiment prit la caisse Yann ! J'étais fier qu'il me dise ça, mais pourtant je fis comme si de rien n'était. Puis, je lui expliqua les quelques courses en montagne que j'avais pu faire dans le coin.
En milieu de semaine, Marif et Paul nous avaient rejoint. Peul était un ami à mon père, ils avaient fait des expéditions ensemble. Ils m'avaient raconté nombreuse histoire bien marrante qu'ils avaient eu ensemble. Un homme que j'adorais embêté, et aussi sa fille, cela était sûrement de famille. Paul m'avait même nommé une foi M.Bean quand j'étais plus jeune. Je crois que j'ai toujours aimé faire le pitre. Les soirées s'en alla vite, entre les fous rires et les tours de table. Ce dernier jeu que m'avait montré Raf, consisté à la force des bras, a tourné autour de la table, sans touché le sol bien sur. Là aussi, j'avais essayé de surpasser Raphaël.
Des semaines comme celle-ci, j'aurais voulu en avoir toute ma vie. Pourtant même, s'il n'y avait pas temps de neige, juste d'être à coté de ses amis étés géniaux.
Tous les soirs, mon esprit était comme toujours en pleine réflexion. Entre les mots que m'avaient dits Raf, des pensées plus sombre. Il y avait aussi une fille que j'avais rencontrée depuis peu de temps. Je ne savais pas vraiment quel sentiment avoir. Beaucoup de mes amis au collège croyaient que j'avais craqué pour elle. C'est vrai que je pensais cette fille sûrement chaque jour, mais en même temps je ne pouvais le définire d'amour profond. Je compris finalement après de longues semaines, des longs mois, et ce n'est que maintenant que j'ai compris. Cette fille avait été finalement ma seule vraie amie a qui je pouvais faire confiance, et même la seule que je m'étais confié quelques rares fois.
Puis il y avait aussi, cette pensées que je commençais sérieusement a tourné dans tous les sens. « Nous allions bientôt partir en expédition en Bolivie. Il faut que je sois prêt, plus que prêt même ! Faire l'imbécile devant Raf ne servira à rien. Il faut que je me trouve un vrai entraînement. Je n'ai à présent que 1 an et demi devant moi ! Le temps tourne vraiment trop vite ! Je vais bientôt avoir 14 ans... réussir des records va être de plus en plus difficile. Il faut que je redouble de force. Je commence à peine à surpasser Noé, il faut que j'aille plus loin. »
Il sonnait minuit, le temps de faire la bise à tout le monde, et de souhaiter une bonne année, tout le monde est déjà au lit. Encore quelques jours de ski nous avaient attendu avec une meilleure neige. La semaine s'était rapidement faufilée jusqu'à sa fin. Je me retrouvais de nouveau chez moi, devant mon ordinateur a tapoté un petit résumé de la semaine sur mon blog. Pour cette nouvelle année, j'écris mes objectifs. J'espérais vraiment y arriver, même si je savais que j'avais placé la barre très haute. Mon premier était le plus spectaculaire qui était réussir dans l'année le mont blanc à ski de randonné. Le danger et la difficulté étaient grandement présent, mais ça faisait bientôt 4 ans que j'en rêvais. Il y avait aussi l'idée de réussir le Cervin, une montagne terrifiante et dangereuse. Je voulais faire un bon bout de chemin, à travers Chamonix-Zermatt, la haute route, un trek à ski de randonné. Un stage d'alpinisme qui réunirait les meilleurs jeunes alpinistes était prévu pour moi. En généralité, je voulais réussir un maximum de sommets à plus de 4000 mètres d'altitude. La cascade de glace m'attirait de plus en plus aussi, j'allais d'ailleurs partir bientôt a un rassemblement. Je savais aussi que pour être encore plus fort, il fallait que je m'améliore en escalade. Mon niveau étant plutôt bas je visais un niveau de 6b a la fin de l'année et enchaîné un 6c après travail.
Je savais à chaque chose pourquoi je voulais le faire, comment, et qu'est qu'il m'apportera.


