Le soleil c'était de nouveau levé, emportant un léger rose sur la ville du Teil. Chaque matin j'aimais apprécier ce moment magique. C'était la seule beauté qu'avait cette ville remplit de violence. Une légère brise, douce, caressa mon visage. Aujourd'hui, j'allais comme chaque jour, reprendre ma place de garçon déconneur. Puis le soir venu, je serrais dans une salle où une grande partie du Club Alpin Français attendront un film sur l'équateur.
Il était environ 19 heures, le publique commença à s'installer. Avant le début du film, un prospectus était dans les mains de chacun. J'étais surpris de voir temps de monde lire si attentivement, d'ailleurs j'en fut heureux. J'en pris un sur une table, puis bizarrement je lisais. Une question traversa mon esprit, pourquoi je lis ce que j'ai écrit ? Ce fut mon premier article, et chaque mot que je relis étaient très important à mes yeux :
« Le 28 juin 2006, nous sommes partis en famille en Equateur : Noé mon frère (16 ans), Francine ma mère, Patrick mon père et moi Yann (13 ans). Nous avions le projet de faire les sommets suivants : Fuya Fuya (4263m), le Rucu Pichincha(4627m), Guagua Pinchicha (4787m), et L'Illiniza Norte (5126m) pour s'acclimater avant d'attaquer notre projet principal : le Cotopaxi (5897m). Après si tout s'était bien passé, en bonus,on tenterait peut être le Chimborazo (6310m). Le tout agrémenté, bien sûr de tourisme.
C'est vrai que j'ai eu peur du Cotopaxi quand on m'en a parlé 1an auparavant. J'étais impressionné par cet énorme cône volcanique qui culmine à 1100m au-dessus du Mont Blanc. Et je me demandais ce qui allait se passer.
On est arrivé en Equateur un peut secouer du décalage horaire mais rien de grave.
Après quelques jours de tourisme et d'acclimatation tout en douceur, nous avons commencé par grimper sur 3 sommets pour randonneurs (en 3 jours consécutifs) :
- Le Fuya Fuya (4263m) qui trone au-dessus du Paramo et de la lagune Mojanda était facile.
- Le Rucu Pichincha(4627m) : rando plus longue mais ça allait
- Le Guagua Pinchicha (4787m) nous a opposé plus de difficultés car il y avait un vent violent (100 km/h sur l'arête, plus quelques pas d'escalade facile sur la fin. C'est un volcan actif , avec des fumerolles permanentes.
Enfin mon premier 5000 s'approchait, malheureusement la veille j'attrape un mauvais microbe qui me vide complètement. Au Village d'El Chaupi (3450m) , j'ai les jambes en coton. Le lendemain je me decide quand même à tenter la marche d'approche vers le refuge. Mes parents sont inquiets. Je suis monté excéssivement lentement. Je suis quand même arrivé au refuge un peut miraculeusement. Une nuit un peut agiter nous attend a 4700m d'altitude. Le lendemain matin réveil assez tard vers 6h : les rôles se sont inversés ; je me sens très bien mais Noé est malade à son tour. Nous partons vers 7h30. On monte a la même vitesse qu'hier ; très doucement. A 4900m Noé, crevé, décide d'arrêter. Nous le laissons seul environ 2h sur une vire rocheuse au soleil, le temps monter au sommet. »
Je coupa ma lecture par l'arrivé de Maxime. Il était suivit par Damien, et Floran. Il me fessait bien rire ce trio. C'était les derniers jours qu'il passait en France, il décollait bientôt direction la Thaïlande. Je ne connaissais Max que depuis peu de temps, je connaissais plus son père, Jean-michel. On avait eu l'occasion de grimper quelque fois ensemble tout de même. Je retourna quelques minutes plus tard à ma lecture :
« La suite se corse un peu : nous nous encordons . Il faut rechercher les passages tantôt d'un coté ou de l'autre de l'arête . La gauche de l'arête , qui voit moins le soleil est un peu enneigée. Quelques pas d'escalade faciles mais exposés et un peu de mixte (crampons inutiles car la trace est bonne dans la neige), nous amènent en haut de l' Illiniza Norte (5126m) : un beau sommet rocheux gazeux. Sur le chemin de la descente , nous rencontrons Noé venu à notre rencontre. Il va bien mieux. Il décide de repartir en direction du sommet avec mon père, moi et ma mère descendons vers le refuge. Enfin mon père arrive avec Noé au refuge . Ils sont bien arrivés au sommet , mais maintenant Noé qui est encore malade, est vraiment crevé ; l'altitude décuple les effets de la maladie.
Nous descendons le chemin lentement jusqu'à la piste , où notre chauffeur nous attend.
2 bonnes nuits de repos , et un peu de tourisme à la Lagune Quilotoa (superbe lac de cratère), nous remettent en forme : ensuite nous repartons en direction du Cotopaxi (5897m). Un 4x4 nous amène au parking à 4600m. De là : 200 mètres de dénivellé seulement pour atteindre le refuge José Ribas à 4800m d'altitude (pénibles à cause du vent violent et de la marche dans des scories). Après midi : repos. On se couche vers 20h. il me semble que nous dormons qu'une heure chacun. La nuit est très agitée à cause l'altitude, mais aussi à cause la tension nerveuse. Réveil à minuit. Je n'ai rien mangé avant de partir(rien ne passe). 1h15 nous partons. 200 mètres de dénivellé dans une cendre gelée, puis nous atteignons le glacier. La difficulté commence. La neige n'est pas comme dans les Alpes, elle est plus dure à cramponner. Le plus dur mentalement arrive maintenant : nous attaquons une pente terriblement rectiligne (et longue) en neige, la nuit je n'ai aucun repère . C'est dur mentalement, je ne me rends compte pas si j'avance ou pas. Et pourtant je suis surpris quand sur l'altimètre je vois que nous avons fait 800 mètres de dénivelé environ. Il ne nous reste plus que 300m de dénivelé, ça m'encourage. Pourtant le moment qui suit est le plus dur, je suis dans un état second. Je voudrais dire à mon frere qui est devant de s'arrêter, que j'abandonne. Mais je n'ai même pas la force de dire un mot. J'avançe, je soufre et mon frère me tire, je lui en veux sur le moment. On s'aproche d'un sérac bizzarement carré et juste avant la trace, on franchit un petit col qui laisse passer un vent violent. A ce moment la
peur m'envahit : le vent plus l'altitude :je n'arrive plus a respirer. Je me fige un instant, et ma mère me dit d'avancer. Je reprends mes esprits, et je continue en apnée. Juste après nous arrivons au sérac, nous prenons une pause, je peux reprendre mon souffle, me redonner du courage. »
Quelque chose me gêné en lisant tout cela. Je ne put donner un nom à ceci, je sentais comme un vide dans ce texte. Pourtant c'était bien moi... moi qui avais vécu cette aventure... moi qui avais écrit. Je ne le savais pas encore, mais il manquait le plus important dans ce texte. Quelque chose que je ne savais écrire ni dire. En effet, cet élément est le plus complexe, on peut l'appeler ressenti, émotion, sentiment... Mais y'avait-il un mot pour l'expliquer ? Je poursuivis ma lecture à travers les fautes d'orthographes :
« 5min après mes orteils sont gelés, nous repartons. La dernière pente est plus facile pour moi, je sens la fin, ça m'encourage. Nous prenons encore 2 pauses avant le sommet.
7h20 :Le sommet ! Il est plat,... je suis devant, je commençe à me dire que c'est fini. arrivés en haut : mon frere se couche par terre, je reste plié en deux de souffrance environ 2 min, avant de m'allonger sur la neige gelés. Mes yeux se ferment automatiquement et je dors,d' un sommeil extraordinaire a 5897m d'altitude. Je ne rêve , mais j'entends un vieux groupe de rock ou quelque chose comme ça. Enfin mes parents déçus de ne pas voir le cratère actif du Cotopaxi à cause des nuages, décident de redescendre. Le soleil vient de se lever . On a l'impression que la température monte de 10°,la visibilité s'améliore , la qualité de la neige aussi.. La descente semble courte (2h30 environ) , très rapidement , dès qu'on perds de l'altitude on se sens beaucoup mieux. Ce n'est qu'un jour plus tard que je me rends compte de se qui s'ést passé.
Puis nous passons 3 jours tranquilles à Banos , au pied du Volcan Tungurahua , très actif.
Dernier sommet au programme : le Chimborazo : le plus haut sommet d'Equateur.
Nous prenons un guide qui pourrait éventuellement redescendre ceux qui échoueraient en cours de route , car nous avons cette fois des doutes sur nos chances de réussite.
Après une courte nuit au refuge Whymper à 5000m : lever à 11h00 !
Noé qui à mal récupéré du Cotopaxi , décide de rester au refuge. 0h15 :Je pars avec Fausto, notre guide et mes parents ;nous croyons voir tomber des flocons....en fait ce sont les cendres du Tungurahua qui vient d'exploser.
Nous remontons une longue croupe de terre gelée en les langues glaciaires jusqu'à 5600m. Puis nous mettons les crampons : la suite ( goulotte en glace vive, court passage à 40° , la dénivellé restant très important et la très haute altitude) m'inquiète ; je renonce et redescend au refuge avec Fausto.
Mes parents un peu attristés de mon demi-tour , mais dans un sens soulagés ; continuent vers la pointe vingtimille du Chimborazo (alt 6267m) qu'ils atteignent ves 7h30. Ca n'a pas été facile pour eux de trouver l'itinéraire entre les séracs, car comme il y avait de la glace vive , les anciennes traces n'étaient pas toujours visibles. Et puis l'altitude les a éprouvés.Vers 11h00 , ils sont de retour au refuge.
Pour conclure ce superbe voyage en Equateur , nous passons 4 jours en Amazonie dans un lodge perdu dans la jungle. »
Je m'étais levé de ma chaise, puis parti dire bonjour à un peu tout le monde. Chacun d'eux m'adressa un compliment, une félicitation pour le texte. Certain me posé des questions absurde, du genre si ce voyage m'avait plu. Puis, je rejoignis une conversation. Il avait mon petit père, puis Antoine et sa copine. Antoine était le propriétaire d'un magasin de montagne à Montélimar. Depuis le temps qu'on attendait un esprit de montagnard dans la région ! Il discutait du mur d'escalade qui allait ouvrire à Montélimar, qui appartiendrait au CAF. Cela ouvrirait aussi une base d'entraînement. Pour ma part, j'étais plutôt attiré par l'ouverture d'une salle de Pan, dans une petite ville à côté du Teil. Le courageux qui avait lancé son entreprise, était nommée « Yo », un mec bien sympa que j'avais rencontré à une compétition d'escalade. La conversation détourna, et mon père lança :
_ Tu sais qu'on va peut-être tenter le mont blanc, Yann et moi ?
_ Ça c'est un joli projet !
_ Et puis pourquoi pas en ski de randonné ... ? Rajoutais-je.
_ Là sa devient vraiment pas simple ...
_ Ce sommet m'attire vraiment, j'espère qu'on aura l'occasion dans l'année.
La conversation fut coupé par le président du Club Alpin Français :
_ Nous allons commencer la soirée photo et film ! Veuillez prendre place s'il vous plait.